Les thermes de Bath

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Bath est une ville située dans le sud-ouest de l’Angleterre, elle fut fondée en 50 av. J.-C., par les romains pour en faire un lieu thermal. Mais les celtes semblent avoir été les premiers à construire un sanctuaire sur le site à cause de ses eaux chaudes, qu’ils dédient à la déesse Sulis que les romains identifient à la déesse Minerve. Le nom de Sulis perdure pour donnée son nom à la ville romaine d’Aquae Sulis.

La déesse Sulis ^

Sulis était une divinité celte adorée localement sur le site de la source thermale de Bath (Somerset). Après l’invasion romaine, elle fut adorée sous les traits de Sulis-Minerva. Des inscriptions votives nous apprennent qu’elle endossait tout à la fois les rôles de Déesse-Mère, de guérisseuse, mais également qu’elle était invoquée par ses adorateurs lors de malédictions.

Tête de Sulis-Minerve aux Thermes de Bath

Tablettes de défixion ^

Les tablettes de défixion retrouvées dans les thermes sont offertes à Sulis et concernent en règle générale le vol, de petites sommes d’argent ou les vêtements aux thermes. Elles appellent la déesse Sulis à punir les auteurs de ces crimes en lui demandant de porter atteinte à l’intégrité physique et mentale, pouvant aller jusqu’à la mort, de l’auteur du forfait jusqu’à restitution de l’objet du larcin.

D’après le style du latin utilisé, il apparait qu’une ne forte proportion des tablettes provenait de la population locale, dont deux textes écrits sur des feuilles d’étain, sont dans une langue inconnue qui pourrait être du brittonique. Ils sont les seuls exemples de l’écriture dans cette langue jamais trouvé.

Les tablettes ont été souvent écrit en code, au moyen de lettres ou de mots étant écrits à l’envers; l’ordre des mots peut être inversé et les lignes peuvent être écrites dans des directions alternées, de gauche à droite puis de droite à gauche.

Malédiction à la suite du vol d’un manteau.

Le complexe thermal ^

Si le temple romain est construit rapidement vers 60-70, le complexe thermal d’Aquae Sulis se développe sur une période de 300 ans. C’est certainement à l’initiative de l’empereur Claude, que les ingénieurs romains mirent des piles de chênes dans la boue afin de rendre les fondations stables et entourèrent la source irrégulièrement d’une chambre en pierre doublée de plomb.
Au siècle suivant la source fut entourée par un bâtiment en voûte en berceau fait en bois, qui abritait le caldarium (bain chaud), le tepidarium (bain tiède) et le frigidarium (bain froid).

Puis des murs défensifs furent ajoutés à la ville, probablement vers le IIIe siècle.

Après le retrait des troupes romaines, la « Chronique anglo-saxonne » suggère que les bains romains originels ont été détruits au VIe siècle, les bâtiments ont été abandonnés et ont été enfouis dans la vase par les inondations et mentionne également que Bath tombe aux mains des Saxons en 577, après la bataille de Dyrham. Il se peut que le poème anglo-saxon, connu sous le nom de « The Ruin » (La Ruine), décrive l’aspect du site romain de l’époque.

Les Anglo-Saxons appelaient la ville Baðum, Baðan ou Baðon, ce qui veut dire aux bains, et c’est de là que vient le nom actuel de la ville.

Au cours des siècles la ville subit de profonds bouleversements, au IXe siècle, le schéma des vieilles rues romaines n’existe plus mais l’emplacement des sources chaudes semble être toujours connu et modifiés à plusieurs occasions, notamment au XIIe siècle avec la construction d’un bassin curatif et au XVIe siècle quand la corporation de la ville construit un nouveau bassin (le bain de la reine) au sud de la source.

Au XVIIIe siècle, Bath devint le centre à la mode de la vie mondaine en Angleterre. C’est à cette période que de nombreux projets architecturaux sont réalisés et que la source se trouvera désormais dans des bâtiments.

À l’Époque victorienne, le développement du complexe thermal a continué dans la tradition néo-classique.

Les thermes romains eux-mêmes sont en dessous du niveau de la rue moderne. Ils comportent quatre points d’intérêts principaux : la source sacrée ; le temple romain ; les thermes et le musée regroupant les artéfacts trouvés lors de fouilles. Les bâtiments situés au niveau de la rue datent du XIXe siècle.

Les thermes de Bath

Le musée ^

Le musée abrite de nombreux vestige datant de l’époque romaine dont les objets jetés dans la source sacrée en offrande à la déesse. En particulier, 130 tablettes de défixion de Bath, dont beaucoup d’entre elles maudissent les voleurs de vêtements alors que les victimes étaient aux bains, et 12 000 pièces de monnaie romaine qui sont la plus importante collection d’offrande votive d’Angleterre ainsi qu’une tête en bronze doré de la déesse Sulis Minerve.

La gorgone du fronton des thermes romains de Bath
.. à Rusonia Aventina, femme de la tribu des Mediomatrici, âgée de 58 ans. Elle se trouve ici. Lucius Ulpius Sestius, son héritier, l’a fait érigé.
Stèle représentant un Optio de la Legion
Un texte en britton, ce sont les seuls mots dans cette langue connue. Les lettres proviennent de l’alphabet latin, mais ne peuvent pas être traduites.
maquette des thermes romain de Bath
lingot de plomb
tuyau en plomb estampillé
Exutoire de la source chaude
Aqueduc de la source
Bain circulaire
source sacrée
Vomitoire conduisant au bassin
tuyau en plomb inserré dans le dallage.
raccord de tuyau en plomb
le grand bassin des thermes de Bath. Toute la structure au-dessus du niveau des bases du pilier est post-romaine.

Auteur : Légion VIII Augusta

La Legion VIII Augusta, est une association culturelle loi 1901, d’éducation populaire agréée, complémentaire de l’enseignement public, déclarée d’intérêt général, fondée en 1995 et basée à Autun (71) en Bourgogne. Elle est constituée de passionnés et de professionnels issus de plusieurs branches institutionnelles liées à la culture et à l’éducation: histoire, archéologie, histoire de l’art, patrimoine, langues anciennes, sciences et techniques ou encore spectacle vivant. Elle est spécialisée dans la vulgarisation des connaissances sur l’époque romaine et dans la valorisation des humanités classiques.

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